L'automne dernier, nous sommes partis 10 jours à la découverte de la Roumanie. Un road trip qui nous a conduits de Bucarest à Cluj-Napoca, à travers la Transylvanie et la Valachie. Dans ce city guide dédié à Bucarest, je vous emmène à la découverte des lieux qui ont marqué notre séjour, sans oublier quelques bonnes adresses...
À la découverte de Bucarest : entre héritage communiste et charme Belle Époque
Capitale de la Roumanie depuis 1862, Bucarest est une ville de contrastes. Longtemps surnommée le « Petit Paris des Balkans » pour ses larges avenues et son architecture inspirée des grandes capitales européennes, elle porte également les traces de son passé communiste. Entre élégants bâtiments Belle Époque, immenses ensembles monumentaux, églises orthodoxes et espaces verts, la ville dévoile un patrimoine riche et parfois inattendu.
La visite de la ville, quartier par quartier
Le centre historique et ses alentours
Ancien cœur commerçant de la ville, le centre historique est aujourd'hui le quartier le plus animé de Bucarest, délimité par les places Unirii et de l'université, le boulevard Regina Elisabeta et le sud de la Calea Victoriei. Entre ruelles pavées, églises orthodoxes et bâtiments historiques, c'est un excellent point de départ pour découvrir la capitale roumaine.
À proximité de la place de l'université, on découvre la très jolie église Saint Nicolas et le Palais Suţu, musée d'histoire et d'art de la ville et ancienne mairie pendant l'entre-deux-guerres. Nous ne l'avons pas visité, mais l'entrée est à 10 lei.
Nous continuons notre promenade vers le sud, en passant par le passage Villacrosse, qui s'appelait avant "passage des bijoutiers". Puis nous nous rendons à l'église du monastère Stavropoleos et son petit cloître, superbe exemple de style brâncovan.
Nous avons ensuite visité le Musée National d'Histoire de la Roumanie, pour 20 lei par personne l'entrée. On y trouve une partie daco-romaine avec une copie de la colonne de Trajan et la salle du trésor national, ainsi qu'une partie qui, je pense, était une exposition temporaire sur l'évolution du territoire de la Roumanie au fil des grandes guerres. Les deux premières parties étaient intéressants, mais j'ai trouvé cela léger pour un musée sur l'histoire du pays. La dernière partie était très riche en informations, et assez intéressante.
Toujours vers le sud, nous passons devant le Palais Voïvodal « Curtea Veche », cours royale médiévale fondée par Vlad l'empaleur, non accessible pour travaux (ou laissé à l'abandon ?), et marquons un arrêt dans l'église Saint Anthony attenante, avant de continuer vers la place Unirii.
Nos bonnes adresses dans le centre historique et ses alentours
- Caru' cu Bere - Strada Stavropoleos 5, 030081 București
C'est une institution incontournable de Bucarest, réputée pour sa cuisine roumaine traditionnelle et son magnifique décor néogothique. On y sert notamment des mici, sortes de saucisses de viande hâchée, des soupes aux haricots servies dans une miche de pain ou encore pas mal de plats à base de viande rôtie. C'était vraiment très bon.
- Simbio - Strada Negustori 26, 023954 București
Situé à l'est du centre historique, ce restaurant installé dans une jolie maison avec jardin est parfait pour dîner dans une ambiance détendue. Nous y avons dégusté une salade à l'halloumi grillé, un plat de bœuf en sauce et une part de gâteau.
Calea Victoriei
Au tournant des XIXe et XXe siècles, Bucarest connaît un important développement qui lui vaut le surnom de « Petit Paris des Balkans ». Calea Victoriei, l'une des plus anciennes avenues de la ville, en conserve encore aujourd'hui de nombreux témoignages. D'un point de vue architectural, c'est un concentré de tous les styles ayant marqué la ville.
La découverte du quartier débute avec l'Athénée roumain. Cet imposant bâtiment néoclassique et néobaroque coiffé d'un dôme abrite une salle de concerts classique. Il a été construit en 1888 par un architecte français. Sa visite se fait selon un calendrier accessible sur son site internet et l'entrée est à 15 lei par personne. L'Athénée devait être ouvert le jour de notre visite, mais nous n'avons pas pu y accéder. On nous a indiqué le matin qu'il fallait revenir, et c'était fermé l'après-midi. Nous remontons ensuite la Calea Victoriei vers le sud. Nous passons d'abord à côté du très joli Musée National d'Art, puis, nous apercevons la place de la Révolution, encerclée par le palais royal et l'ancien Sénat.
En face, nous passons devant la petite église Crețulescu, puis plus loin, le Palais des Téléphones entièrement en béton et au style art déco. À côté de notre hôtel, nous nous rendons au pied du Cercle Militaire National, avant de nous tourner vers la Casa Capsa, hôtel-restaurant ouvert en 1852 qui a vu défiler les grands noms des arts et des lettres mais aussi de la politique.
Tout au nord, vous pouvez faire un rapidement détour pour découvrir le Palais Kretzulescu et le jardin Cișmigiu en vous rendant à la Cathédrale Saint Joseph.
Nos bonnes adresses à Calea Victoriei
- Arome - Str. Luigi Cazzavillan 25, 010784 București
Une adresse agréable pour déjeuner sur le pouce, avec jus frais, sandwiches et options végétariennes dans un jardin au calme.
- Casa Capșa - Calea Victoriei 36, 010082 București
Ouvert en 1852, cet hôtel-restaurant historique a accueilli de nombreuses personnalités. Nous y avons goûté les célèbres pâtisseries Joffre au chocolat.
- Lente Dionisie Lupu - Strada Dionisie Lupu, 010457 București
Une adresse conviviale à quelques minutes de l'Athénée roumain. Nous y avons dîné et testé un wrap au telemea, un fromage roumain proche de la feta.
Le quartier du Parlement
Le sud-ouest du centre-ville porte encore fortement l'empreinte des grands travaux lancés sous Nicolae Ceaușescu dans les années 1980. C'est ici que l'on découvre le Bucarest le plus monumental avec son imposant Palais du Parlement.
Notre découverte du quartier débute sur la place Unirii. Nous aurions pu remonter le boulevard Unirii jusqu'au Palais du Parlement, mais nous faisons un détour pour monter au Dealul Mitropoliei, centre religieux au sommet d'une colline. Je ne sais pas ce qui est visitable, nous nous y sommes présentés pendant une fête et donc n'avons regardé que l'extérieur du complexe. Sur le chemin, nous nous arrêtons aussi au petit monastère "Antim" et à la petite église Mihai Vodă.
À l'approche du Palais du Parlement, en remontant le boulevard Unirii et en arrivant à la place de la Constitution, on ne peut que remarquer la grandeur de l'édifice sur sa colline ! Ce Palais dont la superficie est estimée à 2 550 000m² a été commandé par Ceauşescu qui voulait en faire un lieu accueillant tous les pouvoirs de l'État totalitaire. Il n'a jamais été achevé, et après la chute du régime, on ne savait pas quoi faire. La destruction a été envisagée mais jugée trop onéreuse. Il accueille finalement, sans trop trahir l'objectif initial, le Parlement, le Sénat, la Cour Constitutionnelle et un petit musée d'art moderne. La visite propose un court aperçu de l'édifice pour 85 lei. Il faut appeler pour réserver ce qui m'a un peu surprise pour un monument de cette ampleur. Nous n'avons malheureusement pas pu faire la visite, le Palais étant fermé exceptionnellement pour un événement...
Primăverii
Situé dans le nord de la ville, le quartier de Primăverii était autrefois réservé à l'élite du régime communiste.
Si le nord de la ville promet quelques visites intéressantes concernant les musées, il y en a une incontournable : la villa des Ceaușescu. L'ancienne résidence officielle se visite uniquement avec un guide. Elle dure 45min et nous avions pris en option le visionnage d'un film sur son histoire de 25min. Il faut compter 105 lei par personne. Nous avons trouvé la visite instructive. Vous n'aurez pas de photos de l'intérieur car elles y sont interdites, mais je peux vous dire que avons été surpris parfois par les choix extravagants, tant sur la décoration que la composition des pièces : la salle de bain dorée, le patio avec bassin à l'étage, la piscine en mosaïque, la salle de cinéma... Vous trouverez quelques rares photos sur internet si cela vous intéresse.
Nos bonnes adresses à Primăverii
- Fior di Latte - Bulevardul Primăverii, 011972 București
Une bonne adresse pour un brunch avant ou après la visite de la villa des Ceauşescu.
Une escapade aux portes de Bucarest : le palais de Mogoșoaia
En quittant Bucarest pour le début de notre road trip, nous nous sommes rendus au Palais de Mogoșoaia à une douzaine de kilomètres au nord. Il s'agit du plus grand édifice de style brâncovan construit en 1702 par le Gouverneur de la Valachie. La visite est gratuite, sauf pour l'exposition (15 lei par personne) et le parking (10 lei). Le parc autour du palais est très agréable.
Informations pratiques
Rejoindre le centre-ville depuis l'aéroport
Nous nous sommes rendus en Roumanie avec la compagnie Ryanair. Depuis l'aéroport, nous avons pris la ligne R pour nous rendre dans le centre-ville. Le billet est à 6 lei.
Où dormir à Bucarest ?
Nous avons passé les deux premières nuits de notre road trip dans l'hôtel Visionapartments, disposant notamment d'une piscine et d'une salle de sport. Il est idéalement situé, dans le quartier de la Calea Victoriei.
Se déplacer dans la ville
La ville est desservie par le métro, le tram et les bus. Nous avons tout fait à pied, excepté la villa des Ceaușescu à laquelle nous nous sommes rendus avec la voiture de location que nous venions de récupérer, juste avant de quitter la ville.
Le récap' des bonnes adresses
Avez-vous déjà visité Bucarest ?



























































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